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Dispositif P.E.R.L.E : diagnostic après 7 ans de mise en place du dispositif

Le parcours de retour vers le logement par l’emploi (P.E.R.L.E.) piloté par le Foyer Notre-Dame des Sans-Abri sur le territoire de la métropole de Lyon a été créé en 2012. EVOLEM Citoyen soutient ce dispositif innovant depuis 5 ans. Les conclusions d’une mission sur la durabilité de l’emploi ont été livrées il y a quelques semaines, l’occasion d’un diagnostic après 7 ans de déploiement de ce dispositif.

Rappelons que P.E.R.L.E. accompagne vers et dans l’emploi dit ordinaire des personnes qui résident en centre d’hébergement. Cette approche d’outplacement social permet d’accompagner l’entreprise dans sa recherche de candidats et de proposer aux demandeurs d’emploi suivis le poste qui correspond à leur projet et à leurs compétences.

La Direccte a financé une mission sur la durabilité de l’emploi en sortie de P.E.R.L.E. dans le cadre de son soutien aux expérimentations. Cette mission visait à tirer les enseignements, alors que les équipes de P.E.R.L.E. constatent depuis quelques temps un accroissement du nombre de contrats de travail inférieurs à 6 mois au détriment des CDI et un manque de diversification des postes vers lesquels sont orientés les bénéficiaires du programme.

Du fait d’une méthodologie basée sur une immersion dans l’équipe de P.E.R.L.E., cette mission a déjà porté ses fruits en termes d’amélioration de certains process. En effet, la personne en charge de la mission a été intégrée dans l’équipe, elle a pu alimenter son étude par un travail sur le terrain complété d’études et analyses.

Il ressort de cette mission, des pistes d’amélioration afin de rendre l’accompagnement de P.E.R.L.E. encore plus efficace :

  • Mieux qualifier les parcours professionnels des bénéficiaires positionnés dans les filières qui proposent peu d’emplois durables. Les secteurs de la propreté et de l’hôtellerie-restauration représentent 53 % des débouchés des bénéficiaires de P.E.R.L.E. L’objectif est de permettre aux personnes d’avoir accès à une évolution interne au sein de ce secteur en leur donnant une base de qualification et leur permettre ainsi d’accéder à une plus grande stabilité dans l’emploi.
  • Diversifier les débouchés en ciblant notamment des secteurs qui embauchent en CDI et à temps plein, notamment dans la distribution, l’industrie, la logistique, le transport et le BTP. Ces secteurs demandent le plus souvent un diplôme à l’entrée (au moins CAP ou Bac Pro), mais la marche vers l’emploi peut être franchie via l’Intérim et la piste du CDI intérimaire. Les équipes de P.E.R.L.E. souhaiteraient également développer la filière environnement, en démarrant sur le poste d’agent de tri mais avec des perspectives d’évolution.
  • Un autre axe vise les employeurs directement : comment aider les entreprises dans la définition de leurs besoins, les process de recrutement, l’accueil, l’intégration et l’accompagnement du salarié dans l’emploi. Ce sujet a été abordé avec des entreprises partenaires du dispositif, dans le cadre d’un groupe de travail spécifique qui a réuni entreprises et Conseillers d’insertion professionnelle de P.E.R.L.E. A l’issue de ces travaux, un kit a été réalisé et testé sur le terrain auprès de partenaires et de nouvelles entreprises. Ce kit comprend : une plaquette de présentation du dispositif P.E.RL.E. et des fiches pratiques pour les employeurs. Les retours du terrain ont été unanimes : ces outils répondent à un réel besoin et permettent de rendre plus lisible car plus structurée la méthode d’accompagnement vers et ans l’emploi de P.E.R.L.E.

S’agissant des résultats du dispositif P.E.R.L.E. en termes d’employabilité des personnes accompagnées, une étude a été réalisée en 2019 sur des bénéficiaires accompagnés entre 2015 et 2017. 70 % des bénéficiaires sont toujours en emploi dont 23 % au même poste. 82 % ont accédé au logement (en majorité secteur public). Ces chiffres illustrent l’efficacité de l’accompagnement sur l’autonomie et la confiance en soi.
Lorsqu’il y a rupture de contrat, elle est due à 90 % du fait du salarié et dans 40 % des cas pour aller vers un emploi plus durable. P.E.R.L.E. souhaite favoriser la co-construction d’un parcours dans l’emploi au sein de l’entreprise pour éviter ces ruptures.

Il ressort de cette étude sur la durabilité de l’emploi d’autres axes d’amélioration notamment sur les freins périphériques. Derrière ce terme se cachent les problématiques de mobilité, de garde d’enfants, de papiers, de pratique de la langue française : autant de freins pour l’accès à l’emploi mais aussi pour le maintien dans l’emploi.

Au sein des bénéficiaires de P.E.R.L.E, les principaux freins périphériques identifiés concernent la langue française, la garde d’enfants et de plus en plus les fragilités psychologiques. La plupart de ces freins sont pris en charge par les travailleurs sociaux qui suivent les bénéficiaires au sein des structures d’hébergement. Le seul qui n’est pas traité c’est la maîtrise du français, d’où l’idée de P.E.R.L.E d’internaliser la réponse en proposant des cours de FLE (français langue étrangère).  

En tant que mécène, nous sommes ravis de voir ce dispositif progresser dans le temps et se donner les moyens du diagnostic et de l’analyse afin d’être encore plus efficace.