Article Actualités publié le 4 septembre 2014

Le chômage est stable selon l’Insee

Selon l’Insee, le taux de chômage est stable au 2e trimestre 2014 en France : 9,7% en métropole, 10,2% avec les territoires d’outre-mer. Pourquoi une telle différence avec les chiffres publiés par Pôle Emploi?

Alors que depuis 9 mois, Pôle Emploi annonce des chiffres en augmentation constante, l’Insee évoque, dans ses dernières statistiques publiées, une stabilisation du taux de chômage, voire une légère baisse sur un an.

CHiffres-Insee_actualites_04092014

Il semble utile d’apporter quelques précisions qui peuvent expliquer, pour partie, ces différences. Tout d’abord, l’Insee et Pôle Emploi ne procèdent pas de la même manière :

  • L’Insee mesure le taux du chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT). Les chiffres publiés servent ainsi à des comparaisons internationales. Ce taux de chômage est calculé sur la base d’une enquête trimestrielle réalisée auprès d’un échantillon de 110 000 personnes environ.
  • Pôle Emploi publie mensuellement le nombre de personnes inscrites auprès de ses services. Il s’agit d’un relevé statistique de situation, qui permet de comparer les différents territoires français et de mesurer les évolutions d’un mois sur l’autre et d’une année sur l’autre.

De plus, l’Insee et Pôle Emploi n’évaluent pas tout à fait la même chose :

  • Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler, qui n’a pas travaillé au cours de la semaine de l’enquête, qui a effectué des démarches actives de recherche d’emploi dans le mois précédent et qui est disponible pour travailler dans les deux semaines.
  • Un demandeur d’emploi inscrit à Pôle Emploi peut être dans 5 situations différentes : sans aucune activité (catégorie A), avec une activité réduite (catégories B et C), sans emploi mais non tenu de faire des démarches actives de recherche (catégorie D), en emploi (contrat aidé, créateur entreprise…).

Ainsi, une personne inscrite à Pôle Emploi ayant travaillé quelques heures dans le mois, ne sera pas considérée comme chômeur par l’Insee. A contrario, une personne inactive et en recherche d’emploi pourra être comptabilisée par l’Insee et non par Pôle Emploi (par exemple un jeune qui n’a pas encore travaillé et qui n’a pas droit aux allocations chômage).

Une réalité plus contrastée

En regardant dans le détail les indicateurs trimestriels publiés par l’Insee, les chiffres rendent compte d’une réalité plus contrastée. En effet, au-delà du taux de chômage (9,7 % en France métropolitaine soit 2,8 millions de personnes), l’Insee mesure le halo autour du chômage et le sous-emploi. Le halo autour du chômage correspond aux personnes en recherche d’emploi mais non disponibles dans les deux semaines ou au chômeurs qui ne cherchent pas activement un emploi. Au 2e trimestre, cela concernait 1,3 million de personnes. L’addition de ces deux chiffres donne un résultat plus proche de la réalité, soit 4,1 millions de personnes.

Le taux de sous-emploi comptabilise les personnes en temps partiel subi ou en chômage partiel. Au 2e trimestre 2014, 6,2 % des personnes en emploi étaient dans une situation de sous-emploi, soit 1 605 000 personnes. Ce chiffre se rapproche du nombre d’inscrits à Pôle Emploi en catégorie B et C (1 644 900 personnes fin juin 2014).

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