Article Actualités publié le 27 mars 2014

Nouvelle augmentation du chômage : focus sur les seniors

Le 26 mars, comme chaque fin de mois, les chiffres du chômage issus des statistiques de Pôle Emploi ont été publiés. Ils font état d’une augmentation de 5,4 % des chômeurs sur un an et de 11,2 % pour les 50 ans et plus.

Fin février 2014, Pôle Emploi comptait 5 611 700 personnes inscrites, dont 4 937 800 en obligation de recherche d’emploi (catégories A, B et C). Les statistiques permettent de distinguer les chômeurs en fonction des catégories, mais aussi en fonction de leur classe d’âge. La situation des personnes de 50 ans et plus retient particulièrement l’attention. Pôle Emploi recense 1 075 900 chômeurs (catégories A, B et C) de plus de 50 ans, soit une augmentation de 11,2 % en un an.

Cette classe d’âge est particulièrement impactée par les effets de la crise économique. Les seniors connaissent par ailleurs la durée d’inscription la plus longue à Pôle Emploi : 459 jours, alors que la moyenne générale est de 270 jours.

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Quelles sont les raisons qui expliquent une telle situation ? Plusieurs éléments rentrent en ligne de compte :

  • un coût plus élevé des seniors pour les entreprises par rapport aux autres catégories d’âge, du fait de la valorisation de la rémunération à l’âge et à l’ancienneté,
  • un plus faible taux d’accès à la formation professionnelle (ce taux passe de 42 % pour les 40-49 ans à 35 % pour les 50 ans et plus),
  • une durée d’indemnisation portée à 36 mois pour les chômeurs de 50 ans et plus.

Ainsi, la main d’œuvre senior serait considérée comme moins rentable par les entreprises, car plus chère sans pour autant se trouver plus adaptée aux évolutions de son métier ou de son environnement. Le régime d’indemnisation sur 3 ans serait utilisé par certaines entreprises comme un système de pré-retraite déguisé. L’emploi du subjonctif est important, car l’ensemble des entreprises et des seniors sont loin de s’inscrire dans ces observations d’ordre général.

La France est l’un des pays de l’OCDE où le taux d’emploi des seniors est le plus faible.

Néanmoins, la France est l’un des pays de l’OCDE où le taux d’emploi des seniors est le plus faible (45 % des 55-64 ans étaient en activité en 2012). L’âge moyen de cessation d’activité se situe autour de 59 ans en France alors que l’âge légal de départ à la retraite se situe entre 60 et 62 ans depuis la réforme de 2010.

Il est impensable de considérer qu’une classe d’âge n’a plus sa place dans l’emploi. La France a besoin des seniors en activité, comme elle a besoin que ses jeunes de moins de 25 ans accèdent plus facilement au monde du travail. Elle ne peut continuer à s’appuyer uniquement sur les 30 – 50 ans. La réponse des politiques publiques semble essentiellement se limiter aux contrats aidés.

La France a besoin des seniors en activité

Etant donné la situation, ne faudrait-il pas aller plus loin et mettre au cœur du débat les questions de la durée d’indemnisation des chômeurs de plus de 50 ans, du système de valorisation de la rémunération à l’ancienneté et de l’accès à la formation professionnelle ? La durée passée dans une entreprise et l’expérience professionnelle constituent évidemment des critères importants de fixation de la rémunération, mais qui devraient être croisés avec des critères de compétences. Pour cela, il faut permettre à chacun, quel que soit son âge, d’avoir accès à la formation, de réaliser des bilans de compétence et de construire un projet professionnel qui ne s’arrête pas après 45 ans.

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