Article Actualités publié le 11 juillet 2017

L’Unédic dresse le portrait du chômage en France

Dans son rapport d’activité 2016 qui vient d’être publié, l’Unédic dresse le portrait des personnes indemnisées par l’assurance chômage. En 2016, chaque mois l’Unédic a indemnisé 2,7 M de demandeurs d’emploi. Qui sont-ils ?

L’ensemble des demandeurs d’emploi ne reçoivent pas l’ARE (allocation de retour à l’emploi). En effet, certains en fin de droit bénéficient de revenus de solidarité financés par l’Etat, d’autres sont pris en charge par la Sécurité sociale (arrêt maladie) ou d’autres encore sont en formation.

Le portrait dressé par l’Unédic à l’occasion de son dernier rapport d’activité concerne les 2,7 M de bénéficiaires de l’assurance chômage en 2016 (soit 59,6 % des demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi). Les chiffres mis en exergue font tomber certaines idées reçues sur les allocataires chômage.

Fin juin 2016, 1,6 M de personnes travaillaient tout en étant inscrites à Pôle Emploi (il s’agit des catégories B et C), dont 854 600 bénéficiaient du cumul allocation – salaire.

Les 2/3 des allocataires de l’assurance chômage ont entre 25 et 49 ans. Les seniors (demandeurs d’emploi de plus de 50 ans) représentent 25 % des allocataires et les jeunes de moins de 25 ans 13 %. 6 allocataires sur 10 n’ont pas le bac.

La moitié des demandeurs d’emploi indemnisés par l’assurance chômage se retrouvent dans cette situation à la fin d’un CDD ou d’une mission d’intérim, 31 % suite à un licenciement dont 9 % un licenciement économique. Les intermittents du spectacle représentent 3 % des personnes indemnisées.

Sur l’ensemble des personnes indemnisées, 1/4 travaillait à temps partiel. De ces situations d’emploi (contrat court et temps partiel) résultent des montants d’allocation peu élevés en moyenne et des durées d’indemnisation courtes : 1 allocataire sur 4 a mois d’un an de droits au chômage.

Bien que le chômage de longue durée ait augmenté ces dernières années, 70 % des sorties d’indemnisation se passent dans la première année de chômage.

Quid des nouvelles règles d’indemnisation du chômage ?

Dans ce même rapport d’activité, l’Unédic revient sur les négociations menées par les partenaires sociaux qui ont abouti à la nouvelle convention d’assurance chômage signée le 14 avril dernier et qui s’applique progressivement à compter du 1er octobre 2017 pour une durée de 3 ans. Cette convention vient remplacer celle de 2014 qui a été prolongée pendant 1 an, du fait de l’échec des négociations qui s’étaient tenues en juin 2016 en plein débat sur la Loi Travail.

Les principales règles d’indemnisation restent les mêmes : ouverture des droits à compter de 610 heures de travail ou 88 jours travaillés, soit 4 mois de travail. La durée d’indemnisation est de 2 ans maximum, selon le principe 1 jour travaillé = 1 jour indemnisé (sauf pour les seniors).

Par ailleurs, les allocations chômage ont été revalorisées de 0,65 % à compter du 1er juillet, après 1 an de gel.

Les principales mesures applicables  :

A compter du 1er octobre 2017 pour les employeurs :

  • Mise en place d’une contribution exceptionnelle temporaire de 0,05 % pour les employeurs qui s’appliquera jusqu’au 30 septembre 2020. Cette contribution vient en complément de la contribution patronale de 4 % existante et de la contribution salariale de 2,4 %.
  • Fin de la surtaxation des CDD courts conclus en raison d’un accroissement temporaire d’activité. Par contre la surtaxation sur les CDD courts d’usage (moins de 3 mois) est maintenue pendant 18 mois.

A compter du 1er novembre 2017 pour les demandeurs d’emploi :

  • Le différé d’indemnisation est ramené à 150 jours maximum au lieu de 180 jours : il s’agit du délai appliqué avant le versement des allocations chômage en cas d’indemnités de départ supérieures aux indemnités légales.
  • La durée d’indemnisation des chômeurs seniors est réduite : jusqu’à présent, les demandeurs d’emploi de plus de 50 ans bénéficiaient de 3 ans d’allocations chômage. Cette durée de 3 ans ne s’appliquera qu’à partir de 55 ans, elle sera de 30 mois à partir de 53 ans et de 24 mois jusqu’à 53 ans. En contrepartie, les demandeurs d’emploi de 50 ans et plus bénéficieront de 500 heures de formation créditées sur leur Compte Personnel de Formation (CPF).

Ces nouvelles règles d’indemnisation couplées avec la reprise économique devraient permettre de dégager 550 M€ d’économies dès 2018 et 930 M€ au terme de cette convention (2020) et ainsi redresser la situation financière de l’Unédic.

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