Article Actualités publié le 31 mars 2014

Le déficit public s’est élevé à 4,3 % du PIB en 2013

La journée du 31 mars a été marquée par deux actualités de premier plan. La première est l’annonce de remaniement gouvernemental, la deuxième concerne la communication par l’Insee du chiffre définitif du déficit public en 2013.

Ces deux informations survenues le même jour devraient être considérées comme un signe par le nouveau Gouvernement. Un signe de la priorité que doit représenter la baisse de ce déficit et de l’urgence de prendre des décisions allant dans ce sens. En effet, le Gouvernement s’était fixé un objectif de déficit public de 4,1 % du PIB en 2013. Or c’est officiel depuis l’annonce du chiffre définitif par l’Insee aujourd’hui, le déficit public a atteint 4,3 % du PIB en 2013.

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Les moyens mis en œuvre pour réduire ce déficit ont essentiellement porté sur l’augmentation des prélèvements obligatoires (45,9 % du PIB en 2013). Mais les recettes ont été moins importantes que prévues, conséquence directe d’une croissance plus faible (+ 0,3 % en 2013 au lieu des + 0,8 % sur lesquels comptait le Gouvernement). Pourtant, la Cour des comptes avait pointé ce risque en jugeant insuffisantes les méthodes et procédures de prévision des recettes fiscales de l’Etat (comme le souligne l’IFRAP dans un article paru le 28 février dernier).

La négociation d’un nouveau délai avec les autorités européennes en perspective

Et pourtant, le Président de la République, dans son discours post élections aux Français, a rappelé l’importance du pacte de responsabilité, qui sera complété par un « pacte de solidarité » visant  à diminuer la pression fiscale sur les ménages. Du côté du déficit public, le discours est beaucoup moins offensif et augure même un recul sur les engagements pris. En effet, le Président a indiqué qu’il fallait «convaincre l’Europe que cette contribution de la France dans la compétitivité doit être prise en compte dans nos engagements ». Il est facile de lire entre les lignes la demande d’un nouveau délai pour arriver aux 3 % du PIB de déficit public imposés par les critères de stabilité européens.

Ainsi, l’orientation semble porter sur un allègement des prélèvements obligatoires, tant pour les entreprises que pour les salariés. Ces allègements ne peuvent être que bénéfiques, la France est l’un des pays européens où le taux de prélèvement obligatoire demeure le plus élevé. Néanmoins, une telle politique doit être accompagnée par un travail de fond sur la diminution des dépenses publiques, pour éviter de creuser encore plus le déficit public. Bercy a rappelé cette évidence hier :  la maîtrise de la dépense publique est essentielle pour poursuivre la diminution du déficit (qui est passé de 7,5 % du PIB en 2009 à 4,3 % en 2013) et atteindre les 3 %.

La maîtrise de la dépense publique est essentielle pour poursuivre la diminution du déficit.

Cet équilibre est complexe à trouver. Il suppose de mettre en œuvre des réformes structurelles mais aussi de changer de culture, afin d’introduire en France une vraie politique de l’évaluation de l’efficacité des dépenses publiques pour décider objectivement de la poursuite de telle ou telle dépense et de l’abandon ou la diminution de telle autre. N’est-il pas dangereux pour l’avenir de notre pays, de continuer à répondre aux inquiétudes et aux attentes des Français, par toujours plus de dépenses supplémentaires ?

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