Article Actualités publié le 19 avril 2016

Emploi : quelles mesures pour les jeunes ?

Généralisation de la Garantie jeunes, nouveaux droits sociaux pour les moins de 25 ans, accompagnement renforcé vers l’emploi… De nombreuses informations se cumulent entre les annonces autour du projet de loi Travail et du comité interministériel à l’égalité et la citoyenneté, et les préconisations du député Christophe Sirugue.

Le projet de loi Travail, qui devrait être examiné début mai au Parlement, prévoit une généralisation de la Garantie Jeunes. Ce dispositif est expérimenté depuis octobre 2013, avec une application progressive département par département. Ainsi, 91 départements seront couverts à la fin de l’année, avec un objectif de 100 000 jeunes bénéficiaires en 2017.

Il s’agit d’une garantie de ressources pour des jeunes de 18 à 25 ans, ni en emploi, ni en formation et en situation de précarité. Le versement de cette aide de 460 € par mois est conditionné à un engagement du jeune à suivre les démarches engagées dans le cadre d’un accompagnement renforcé vers l’emploi qui dure 1 an (renouvelable une fois). Ces jeunes sont pris en charge par les missions locales (qui reçoivent une aide supplémentaire de 1 600 € pour chaque jeune suivi dans ce cadre).

Le texte prévoit d’inscrire dans la loi le principe de la généralisation, alors que ce dispositif est pour l’instant au stade de l’expérimentation. Un rapport d’évaluation devrait être remis à l’automne 2016. L’une des questions centrale est la capacité du réseau des missions locales, déjà surchargé, de mettre en œuvre cet accompagnement renforcé. Au-delà du versement de l’aide financière, l’aspect encadrement et suivi des jeunes est primordial pour garantir l’efficacité du dispositif en termes d’insertion sociale et professionnelle. Lors de l’examen du projet de loi en Commission des affaires sociales, la députée Monique Iborra a proposé que d’autres organismes puissent intervenir dans le cadre de la Garantie Jeunes.

Une revalorisation des aides financières

Le 11 avril dernier, le Premier Ministre a annoncé différentes mesures visant à répondre aux difficultés financières rencontrées par certains jeunes entre la fin des études et l’arrivée sur le marché de l’emploi. Le coût de l’ensemble de ces mesures est évalué à 400 M€ selon le journal les Echos.

  • Aide à la recherche du premier emploi : prolongation de la bourse pendant 4 mois après l’obtention du diplôme.
  • Revalorisation de 10 % des bourses dédiées aux lycéens et mise en place de 12 500 bourses de 1000 € pour les décrocheurs de 16 à 18 ans qui reprennent des études.
  • Le droit à la garantie locative sera étendu en 2017 à l’ensemble des jeunes de moins de 30 ans, sans condition. Cette mesure entend répondre à la difficulté d’accès au logement autonome pour des jeunes étudiants ou qui débutent leur vie professionnelle.
  • L’accès à la CMU sera facilité pour les jeunes de moins de 25 ans en situation de rupture familiale.
  • Les apprentis de moins de 21 ans toucheront 200 euros de plus par mois à compter du 1er janvier 2017. Cette augmentation sera prise en charge par l’Etat.

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Par ailleurs, 2 000 places supplémentaires seront ouvertes à la rentrée 2017 dans les filières « technicien supérieur » (IUT et BTS) pour donner plus de possibilité aux bacheliers professionnels de poursuivre leurs études.

Il est étonnant qu’aucune mesure concernant la mobilité n’ait émergé. En effet, le financement du permis de conduire constitue un frein réel pour l’accès à l’emploi. Il existe des aides à la mobilité qui peuvent être mobilisées par Pôle Emploi ou une mission locale, mais ces financements restent marginaux par rapport aux besoins.

Un paysage d’aides et de dispositifs de plus en plus complexe

Ces annonces de généralisation de dispositifs ou de mise en place de nouvelles aides viennent compléter un paysage déjà bien fourni et complexe.

En effet, depuis plus de 30 ans, les gouvernements successifs mettent en place des dispositifs ciblés sur les jeunes : contrats aidés, accompagnement vers l’emploi, raccrochage, aides financières… Ces dispositifs se succèdent, parfois se cumulent. Nous avions déjà soulevé ce point à l’occasion de l’expérimentation du service militaire volontaire sur 3 sites en 2016

Avec la généralisation de la Garantie Jeunes, l’article 23 du projet de loi Travail prévoit de mettre fin au CIVIS à compter du 1er janvier 2017. Le Contrat d’insertion dans la vie sociale est en effet assez semblable à la Garantie jeunes : un accompagnement renforcé vers l’emploi avec le versement d’une aide financière. L’impact de ce dispositif en termes d’insertion professionnelle durable a-t-il été mesuré ? Une analyse des facteurs clefs de réussite de l’accompagnement et des écueils à éviter a-t-elle été réalisée ?

Dans un rapport sur les minima sociaux remis le 18 avril au Premier Ministre,  le député Christophe Sirugue préconise d’ouvrir le RSA aux jeunes de 18 à 25 ans. Aujourd’hui, les jeunes de moins de 25 ans peuvent percevoir le RSA à condition qu’ils aient déjà travaillé au moins 2 ans à temps plein ou qu’ils soient parent isolé. Le Premier Ministre a précisé que cette question n’était pas à l’ordre du jour. Quoi qu’il en soit, une telle réflexion ne devra pas faire l’économie d’un inventaire préalable des dispositifs et aides auxquels les jeunes ont accès et des conditions d’octroi.

 Manuel Valls a confié une mission de simplification des dispositifs d’aides spécifiques aux jeunes à Antoine Dulin, membre du Conseil économique social et environnemental. Cette mission a été lancée en même temps que l’annonce de nouvelles mesures, et non pas comme un préalable.

Face à cette réalité, Evolem Citoyen a développé un site Internet dédié à la valorisation des outils, aides et dispositifs dédiés aux jeunes : www.key4job.fr . Au-delà des réponses institutionnelles et des politiques publiques de l’emploi, des initiatives sont générées par des associations, des acteurs de la formation et du monde économique. Nous valorisons ces idées qui facilitent de manière très concrète l’accès à l’emploi des jeunes :  que ce soit en amont en préparant au mieux leur projet professionnel et leur choix d’orientation, en les outillant pour être plus efficace dans leurs recherches d’emploi, en accompagnant les jeunes plus en difficulté et ceux qui se lancent dans l’entrepreneuriat.

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