Article Actualités publié le 18 mars 2014

Les freins au développement de l’apprentissage

L’apprentissage est un système de formation reconnu, tant en termes d’acquisition de savoir-faire que d’insertion professionnelle. Et pourtant le nombre d’inscrits dans ces filières ne cesse de baisser.

Pour quelles raisons ? Quelques éclairages.

L’organisation de cette filière de formation

Le développement des filières d’apprentissage ne dépend pas du seul bon vouloir du Gouvernement. In fine ce sont les Régions qui développent ces filières, en lien avec les établissements d’enseignement et les partenaires économiques. Une étude du CEREQ pointe les disparités régionales et souligne les 4 facteurs qui jouent sur l’expansion de l’apprentissage : l’histoire du système éducatif régional, les contextes socio-économiques régionaux, les choix politiques propres à chaque exécutif régional et les modes de gouvernance de l’action publique.

Apprentissage-ACtus-18032014

Il faut également que les jeunes apprentis trouvent des entreprises pour les embaucher pendant leur formation. Pour inciter les entreprises à jouer le jeu, des aides à l’embauche existent, mais qui ont été revues à la baisse : suppression de la prime à l’embauche de 1 000 € dans les entreprises de plus de 10 salariés et suppression du crédit d’impôt pour l’embauche d’un apprenti d’un niveau bac + 2. Dans le contexte de crise économique et face à la concurrence des emplois d’avenir, cette baisse des aides à l’embauche des apprentis peut compliquer encore plus la tâche des jeunes dans leur recherche. Par ailleurs, la taxe d’apprentissage sera réformée en 2015 avec un nouveau système de collecte et de répartition qui donne la part belle aux Conseils régionaux dans la distribution de cette taxe. Les risques liés à cette réforme sont de privilégier les formations de niveau inférieur au Bac contre les formations dispensées par l’enseignement supérieur et de distendre le lien entre monde professionnel et établissements de formation.

 L’image des formations en apprentissage

Les préjugés ont la vie longue ! Bien que reconnue comme formation efficace en termes d’insertion professionnelle, l’apprentissage reste considéré comme une « voie de garage » pour les personnes en échec scolaire. Cette ambivalence se retrouve dans un sondage réalisé par CSA pour l’Institut Montaigne : 89 % des sondés estiment que l’apprentissage est une mesure efficace pour lutter contre le chômage des jeunes. Malgré cela, 63 % des sondés estiment que ces formations ont une mauvaise image. Il ressort également de cette enquête que ces formations sont mal connues et qu’il est difficile de trouver un poste d’apprenti en entreprise.

L’apprentissage reste considéré comme une « voie de garage » pour les personnes en échec scolaire.

La question de l’image se pose au sein même de l’Education nationale. Un rapport interministériel publié en février 2014 souligne les blocages culturels au sein même du corps enseignant qui rechigne à valoriser et faire la promotion de cette voie, privilégiant la voie académique.

Le changement de culture est à opérer à tous les niveaux pour permettre aux jeunes de connaître les différentes possibilités d’orientation qui s’offrent à eux et de choisir en connaissance de cause.

Participez à la réflexion
Sur nos réseaux sociaux !