Article Actualités publié le 23 septembre 2015

Les métiers du Web : une opportunité d’insertion professionnelle

Le 17 septembre, le Président de la République a lancé officiellement la Grande Ecole du Numérique. Cette actualité a permis de mettre en lumière l’impact de formations sur les métiers du web en termes de raccrochage et d’accès à l’emploi.

Cette Grande Ecole du Numérique consiste en une mise en réseau et labellisation d’initiatives existantes : des écoles et des formations ad hoc qui se sont développées ces dernières années pour former des jeunes aux métiers du numérique, et notamment des jeunes décrocheurs. L’objectif est également de favoriser l’émergence de nouvelles formations de ce type sur l’ensemble du territoire.

Différents porteurs de projet peuvent être à l’initiative de ce type d’école :

  • Des entreprises, comme l’école 42 mise en place par Xavier Niel, PDG de Free.
  • Des associations, par exemple : Simplon, la Web@cademie, Webforce3.
  • Des établissements d’enseignement qui ouvrent des formations adaptées.

Ces formations répondent à un double enjeu : donner un avenir à des jeunes peu qualifiés et en difficulté d’insertion professionnelle tout en répondant aux besoins concrets des entreprises et de notre société en compétences numériques. Elles n’ont pas vocation à remplacer les cursus plus académiques, notamment qui forment des ingénieurs informatiques et des techniciens, mais à compléter l’existant par des formations plus ciblées tant en termes de contenu que de public.

Ces cursus durent entre 3 et 24 mois, ils concernent des personnes peu qualifiées et éloignées de l’emploi, en priorité des jeunes. Ces écoles proposent une approche pédagogique nouvelle, centrée sur le projet et la pratique afin de faciliter une acquisition rapide des savoirs.

L’appel à projets lancé par le Gouvernement est ouvert depuis le 17 septembre, les dossiers peuvent être remis jusqu’au 19 octobre et les résultats seront communiqués fin novembre.

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Une telle démarche de labellisation présente plusieurs intérêts :

  • Le soutien et le développement de ce type de formation sur l’ensemble du territoire. Le numérique répond également à la problématique de désenclavement des territoires ruraux et peut représenter une véritable opportunité en termes de créations d’emploi pour les populations de ces territoires.
  • La reconnaissance officielle des formations délivrées, avec une inscription au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles).
  • La possibilité ouverte, en fonction de l’âge et de la situation des élèves, d’accéder au statut d’étudiant et donc d’obtenir des bourses.

 Des points de vigilance

Ces formations ont vocation à raccrocher des personnes peu qualifiées et à leur donner les moyens de trouver un emploi. L’objectif affiché est de 10 000 jeunes formés dès les 3 premières années. Au-delà de l’obtention de la qualification, l’objectif doit être de 10 000 jeunes remis à l’emploi ou qui poursuivent leur cursus de formation.

Ainsi, la capacité de ces écoles à créer des liens avec le tissu économique du territoire sur lequel elles sont implantées est cruciale. Cela suppose que l’essaimage se fasse en concertation avec ces acteurs économiques, afin d’être en adéquation avec les problématiques propres au territoire et les besoins identifiés par les entreprises locales. Ces écoles doivent être en capacité de proposer un contenu de formation et un rythme pédagogique adaptés à ces réalités, afin de favoriser l’insertion professionnelle des élèves dans les entreprises du territoire.

Un autre point de vigilance concerne le sourcing des jeunes. Il est indispensable de s’assurer que l’ensemble des acteurs qui interviennent auprès de jeunes décrocheurs et sans emploi s’approprient ces dispositifs. Au-delà des structures du service public de l’emploi, il s’agit d’associations de quartiers, de clubs de sport, de structures de médiation et de prévention.  En effet, de nombreux jeunes ne font plus confiance aux acteurs institutionnels et pratiquent une forme d’autocensure, estimant que ces dispositifs ne sont pas pour eux.  Pour toucher ces jeunes et leur permettre de saisir cette opportunité, il faut aller les chercher là où ils se trouvent, travailler avec les structures et personnes qui les accompagnent et les connaissent et implanter les écoles au cœur de leur lieu de vie.

Gageons enfin que la démarche de labellisation n’engendrera pas des procédures administratives trop lourdes et contraignantes. Ces écoles doivent conserver suffisamment de marge de manœuvre et de souplesse tant sur le contenu que le format des formations, afin d’être en capacité de s’adapter aux besoins des entreprises qui évoluent sans cesse et très rapidement.

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