Article Actualités publié le 16 janvier 2015

L’insertion professionnelle des diplômés de l’Université

Depuis 5 ans, le ministère de l’Enseignement supérieur mesure l’insertion professionnelle des diplômés de l’Université de niveau DUT, Licence professionnelle et Master. L’enquête portant sur la situation des jeunes diplômés en 2011 a été rendue publique le 7 janvier dernier.

Cette enquête réalisée auprès de 100 000 jeunes diplômés en 2011 fait état de chiffres rassurants quant à leur insertion professionnelle 30 mois après l’obtention de leur diplôme. L’Université accueille 63 % des étudiants, selon les chiffres annoncés par Geneviève Fioraso, Secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche. Cette enquête tend à prouver, contrairement à l’image trop souvent véhiculée, que l’Université garantit une bonne insertion sur le marché du travail.

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Cette enquête indique que 90 % des diplômés de masters (bac + 4/5), 92 % des licences professionnelles (bac +3) et 89 % des DUT (bac +2) occupent un emploi 30 mois après l’obtention de leur diplôme. Ce taux d’insertion est calculé sur la base des étudiants qui n’ont pas poursuivi ou repris leurs études dans les 2 années qui suivent l’obtention du diplôme. Or, rappelons que ce phénomène de prolongation des études est en augmentation. Il concerne 34 % des diplômés de niveau licence professionnelle, 40 % des diplômés de master et 88 % des diplômés de DUT. Le Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) dans son enquête sur la génération 2010 avait déjà pointé cette tendance à la poursuite ou reprise d’études.

Depuis 2007, l’insertion professionnelle fait partie des missions de l’Université. Les efforts effectués ces dernières années sont réels, que ce soit en termes de professionnalisation des diplômes (intervention de professionnels, mise en pratique des connaissances théoriques, place du stage…) que sur le plan de l’accompagnement des jeunes dans la construction de leur projet professionnel et de leur arrivée sur le marché du travail (simulations entretiens, ateliers CV, mobilisation du réseau des anciens élèves, liens renforcés avec les entreprises…). A titre d’illustration, les Etats Généraux des Etudiants en sciences économiques permettent de partager initiatives et projets.

Néanmoins les réalités sont très diverses sur le terrain, en fonction des moyens humains et financiers que les Universités peuvent dégager pour mettre en place des actions favorisant l’insertion professionnelle de leurs étudiants.

Ce que l’enquête ne dit pas

Cette étude porte sur la situation 30 mois après l’obtention du diplôme et ne questionne pas sur le parcours d’insertion professionnelle. Elle ne permet pas de mesurer et de qualifier ce temps d’insertion professionnelle : que se passe-t-il entre la sortie de l’Université et le premier emploi stable ? Cette limite avait été pointée par Anne Aubert, Vice-présidente de l’Université de la Rochelle lors de l’édition 2013 de l’enquête.

Par ailleurs, l’enquête indique si l’emploi trouvé est stable ou non et son niveau de salaire. Néanmoins elle ne précise pas si cet emploi est en phase avec la formation du jeune et son projet professionnel. Or selon Boris Ménard, économiste au Céreq, moins de la moitié des jeunes occupent un emploi qui correspond à leur formation et leur projet (cf interview réalisé par le journal le Monde le 8/01/2015).

Rappelons que cette enquête n’informe pas de la situation des diplômés de niveau licence classique. Or certains jeunes s’arrêtent à ce niveau de diplôme, qu’en est-il de leur insertion professionnelle ? Il est étonnant que cette donnée ne soit pas intégrée dans cette étude, d’autant plus qu’avec le plan réussir en licence, le ministère de l’Enseignement supérieur s’est engagé depuis quelques années pour que ce diplôme permette tant la poursuite d’études que l’insertion sur le marché du travail.

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