Article Actualités publié le 24 mars 2015

Propositions pour l’emploi des jeunes

Le 12 février dernier, l’Institut de l’entreprise a publié un rapport intitulé « l’ère du sur-mesure – solutions pour l’emploi des jeunes », qui vient compléter leurs « 10 propositions pour réconcilier les jeunes avec le marché du travail » de juillet 2014.

Charles de Froment, l’auteur de ces deux publications, estime qu’il est dangereux de considérer les jeunes comme une population homogène qui serait confrontée de la même manière au risque du chômage. En effet, les jeunes souffrent globalement plus de la crise que les autres tranches d’actifs, néanmoins avec de réelles différences selon le niveau d’études et le type de diplôme. Comme nous l’indiquons dans notre dossier sur l’emploi des jeunes, dans un contexte d’augmentation du chômage, le fossé se creuse entre niveaux de diplôme. La dernière enquête génération du Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) parue en mars 2014 (au sujet de la génération 2010) indique que l’augmentation du taux de chômage par rapport à la génération 2004 est de 16 points pour les non diplômés, de 10 points pour les diplômés de niveau Bac ou inférieur, de 3 points pour les diplômés de l’enseignement supérieur

Ce constat était confirmé par une étude publiée le 17 octobre 2014 par le ministère de l’Education nationale. Selon ces données, en 2013, le taux de chômage des jeunes sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans s’élevait à 20,3 %. Ces chiffres varient en fonction du niveau de diplôme : il monte à 48,8 % pour les jeunes sans diplôme ou avec un niveau brevet et baisse à 10,5 % pour les jeunes dotés d’un diplôme de l’enseignement supérieur.

Des jeunes pas suffisamment préparés au monde du travail

Ce constat est partagé par les jeunes eux-mêmes, comme l’illustre le sondage réalisé par OpinionWay pour Agefa PME à l’occasion du Printemps de l’optimisme. Seuls 19 % des jeunes sondés jugent que le système éducatif français est proche du marché du travail. Ils estiment que l’école a un rôle à jouer mais qu’elle remplit mal sa mission : seuls 32 % estiment que l’école prépare bien à un métier et 29 % qu’elle prépare à l’intégration dans le monde du travail et l’apprentissage des codes de l’entreprise.

L’Institut de l’entreprise estime que l’école doit former les jeunes au fonctionnement de notre économie, d’un marché, d’une entreprise et éveiller leur curiosité.

L’Education nationale pourrait s’appuyer sur l’expérience de l’option DP3 (découverte professionnelle) qui peut être suivie par les collégiens de 3e. Cette option facultative de 3h par semaine existe depuis 2005, elle permet aux élèves d’observer de plus près le monde du travail par des exercices pratiques (certains peuvent travailler sur des projets entrepreneuriaux par exemple). Pourquoi ne pas rendre cet enseignement obligatoire ?

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Aujourd’hui, des projets sont menés, grâce à l’intervention d’associations ou à l’implication d’entreprises, néanmoins ils restent dépendants de la volonté d’une communauté éducative (professeurs et parents d’élèves) d’offrir cette ouverture aux élèves. Par exemple à Saint-Priest, l’entreprise Renault Trucks propose aux élèves de 1re en sciences techniques de l’ingénieur du lycée la Mache, une semaine de cours en entreprise. Les élèves, accompagnés de leur professeur, se voient donner les cours par des salariés de l’entreprise, qui illustrent ainsi concrètement l’application de telle ou telle matière dans la vie professionnelle.

Sortir du tout diplôme

Les mentalités doivent évoluer non seulement au sein de l’Education nationale, mais aussi dans le monde du travail. Aujourd’hui, le recrutement à l’identique reste privilégié, il est de fait difficile d’intégrer telle entreprise ou tel secteur d’activité sans suivre la voie classique.

Charles de Froment appelle à revoir les modes de recrutement et valoriser les compétences, mais aussi à moderniser l’apprentissage afin qu’il s’adapte aux nouvelles formes d’activité et d’organisation du travail.

Ce changement d’approche ne peut s’opérer uniquement au niveau des ressources humaines, il doit également concerner les managers opérationnels qui la plupart du temps préfèrent recruter un profil « classique ». Or l’ouverture à la diversité de parcours, des cursus, des profils constitue une source de richesse et d’innovation pour l’entreprise ou la structure qui fait ce pari ! Des responsables de ressources humaines s’impliquent pour faire évoluer les pratiques, comme par exemple Thomas Vilcot qui invite, sur son blog, à faire bouger les lignes en partant d’exemples concrets vécus dans son entreprise.

En conclusion de son étude, Charles de Froment souligne que les réponses ne peuvent être uniformes, qu’il est nécessaire de trouver un nouvel équilibre entre initiatives individuelles, privées et publiques.

Evolem Citoyen est attentif à ce qui est expérimenté et mis en pratique sur le terrain. Des solutions pertinentes naissent souvent à petite échelle, elles gagnent à être connues et valorisées.

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