Article Actualités publié le 30 septembre 2015

Quelle transition des études supérieures au marché du travail ?

Le Céreq, Centre d’études et de recherches sur les qualifications, dresse un panorama de ces transitions et parcours pour les jeunes sortis de l’enseignement supérieur dans le cadre de ses enquêtes génération. La dernière enquête concerne la génération sortie d’études supérieures en 2010 et sa situation par rapport à l’emploi en 2013.

Cette enquête concerne les 369 000 jeunes sortis de l’enseignement supérieur en 2010, avec ou sans diplôme. Elle ne prend pas en compte les jeunes diplômés de niveau CAP, BEP ou Bac Pro, ni les jeunes sortis du système scolaire sans diplôme. Quelle est la situation de ces jeunes sur le marché du travail en 2013, subissent-ils plus fortement le chômage du fait de la crise économique ? Effectivement, la part de jeunes au chômage en 2013 est plus importante qu’en 2007 (enquête génération 2004) : une augmentation de 4 points. Néanmoins, la crise économique n’a pas eu d’impact sur les grandes typologies de trajectoire d’insertion qui restent similaires :

  • Les étudiants qui sortent sans diplôme de l’enseignement supérieur rencontrent de fortes difficultés à s’insérer sur le marché du travail. Avec la crise économique, le fossé entre niveau de diplôme a tendance à se creuser.
  • Les diplômés des grandes écoles et les doctorants s’insèrent facilement et dans de bonnes conditions.
  • A niveau de diplôme équivalent, les jeunes qui ont suivi un cursus « professionnel » (BTS, DUT, licence professionnelle) trouvent plus facilement un emploi que ceux qui ont suivi une formation dite généraliste.

L’impact du stage de fin d’études sur l’insertion professionnelle

Près de 70 % des jeunes interrogés ont effectué au moins un stage (d’une durée supérieure ou égale à 1 mois) durant leurs études. Dans 90 % des cas, le dernier stage était obligatoire dans le cadre de la formation. Néanmoins, cette obligation de stage varie fortement en fonction des cursus et du niveau de diplôme. Ainsi, elle tombe à 16 % pour les jeunes de niveau Licence  (hors licence professionnelle). Les stages supérieurs à 3 mois se trouvent essentiellement dans les cursus professionnels, en niveau master et dans les grandes écoles.

Le stage de fin d’étude représente une réelle passerelle vers l’emploi. Selon cette enquête du Céreq : pour 1 jeune sur 5, l’emploi occupé en 2013 a été obtenu grâce au stage de fin d’étude. En effet, ces stages peuvent servir de période de test avant un recrutement ou permettent au jeune de construire son réseau et ainsi de faciliter son insertion professionnelle.

Seuls 18 % des jeunes n’ont pas du tout travaillé pendant leurs études

L’enquête mesure cette réalité : une majorité des étudiants déclarent avoir travaillé au cours de leurs études. Pour la plupart, il s’agit de petits boulots ponctuels, notamment effectués pendant les vacances scolaires. 22 % des jeunes interrogés ont occupé un emploi régulier pour financer leurs études, d’au moins 8 heures par semaine. Ces jeunes estiment que cette expérience constitue un plus. Elle leur a permis de mieux connaître le monde du travail, de tester leur capacité d’organisation et d’acquérir des compétences techniques. 71 % des jeunes concernés mentionnent ces emplois réguliers sur leur CV.

Les aides à l’insertion professionnelle des étudiants

Pour la première fois, l’enquête génération du Céreq a interrogé les étudiants sur leur perception des dispositifs d’aide à l’insertion professionnelle. En effet depuis 2007, les Universités se sont vues confier comme mission prioritaire l’orientation et l’insertion professionnelle de leurs étudiants.

Etudiants_insertion-professionnelle-actualites_30092015

La palette des dispositifs proposés est très large et variée, allant de conseils pour la rédaction de CV (37 % des aides proposées) à des programmes de soutien à la création d’entreprises. Près de 77 % des jeunes indiquent avoir bénéficié au moins d’une aide. Cette réalité varie selon les cursus :

  • 56 %  des étudiants en Master 1
  • 59 % des étudiants en Licence
  • 76 % des étudiants en Master 2
  • 80 % des étudiants en BTS ou DUT
  • 83 % des étudiants en Licence professionnelle
  • 90 % des étudiants de grandes écoles

Autre distinction, ces pratiques sont moins diffusées dans les spécialités arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales. Or les diplômés de ces matières rencontrent plus de difficulté à trouver un emploi. La diffusion de ces outils reste encore très diverse selon les établissements et les cursus, néanmoins les élèves bénéficiaires estiment qu’ils sont utiles. Ce premier constat est encourageant. Il est nécessaire d’assurer une diffusion plus large de ces aides et une réelle appropriation par les étudiants. De nombreux dispositifs se développent par ailleurs en complément sur le web ou portés par des associations. Nous relayons régulièrement sur ce site ou notre plateforme dédiée aux jeunes www.key4job.fr ces initiatives et dispositifs.

Six types de trajectoires d’accès à l’emploi

Malgré la crise économique, 70 % des sortants de l’enseignement supérieur connaissent une insertion rapide et durable sur le marché du travail :

  • dont 54 % avec moins d’un mois de chômage avant le premier emploi,
  • et 16 % avec une période d’accès au premier emploi qui peut durer 4 mois et jusqu’à 5 mois de chômage durant ces 3 premières années post études.

Pour 30 % des jeunes, la transition entre études supérieures et emploi reste difficile :

  • 9 % connaissent un accès progressif à l’emploi (jusqu’à 10 mois) après un temps de chômage ou d’inactivité,
  • 7 % peuvent cumuler les périodes d’inactivité, de chômage et de contrats courts pendant 12 mois avant une insertion plus pérenne,
  • 6 % rencontrent de réelles difficultés avec un éloignement durable de l’emploi durant ces 3 premières années, pouvant aller jusqu’à 22 mois de chômage,
  • 8 % reprennent des études ou une formation, notamment les jeunes diplômés de licence universitaire.

Derrière ces chiffres globaux se cachent des réalités différentes selon les niveaux de diplôme et les cursus. La crise a plus ou moins impacté les jeunes, comme l’illustrent les différents taux de chômage indiqués par le Céreq (chiffres 2013) :

  • 13 % pour les sortants de l’enseignement supérieur
  • 24 % pour les sortants de l’enseignement supérieur sans diplôme
  • 26 % pour les diplômés du secondaire
  • 50 % pour les non diplômés (sachant qu’un jeune sur quatre est sorti en 2010 de l’enseignement supérieur sans diplôme, soit 87 000 jeunes)
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