Article Actualités publié le 17 juillet 2014

Soutien à l’apprentissage : point d’étape

Depuis plusieurs mois, le Gouvernement affiche l’objectif de 500 000 apprentis en 2017. Différentes mesures ont déjà été annoncées dans l’attente d’une réunion avec les partenaires sociaux qui doit se tenir à la rentrée. Point sur l’avancée de ce dossier.

L’apprentissage constituait l’un des sujets phares de la Conférence sociale des 7 et 8 juillet derniers. François Hollande, dans son discours d’ouverture annonçait un grand programme national sur l’apprentissage à l’automne, avec notamment le développement de l’apprentissage dans la fonction publique. Aujourd’hui, les apprentis sont peu nombreux dans le secteur public. Afin de favoriser leur recrutement (objectif de 10 000 apprentis en 2016), ils ne seront plus comptabilisés dans les plafonds d’emploi.

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De son côté, Manuel Valls a promis le déblocage de 200 M€ en faveur de l’apprentissage, notamment pour réintroduire une aide de 1 000 € pour tout employeur qui embauche un premier apprenti, sous condition de signature d’un accord de branche sur l’apprentissage. Rappelons que cette prime à l’embauche avait été supprimée dans le cadre de la loi de finances pour 2014, seules les entreprises de moins de 11 salariés en ont conservé le bénéfice (cette prime est versée par la Région). Dès le 15 juillet, les députés ont adopté un amendement du Gouvernement permettant de débloquer 146 M€ pour financer la réintroduction de cette prime à l’embauche. Dans le cadre du projet de loi relatif à la simplification de la vie des entreprises, les députés ont adopté un amendement pour la prime de 1 000 €. Le périmètre d’application s’avère plus restreint que ce qui avait été annoncé par le Premier Ministre début juillet : elle est destinée aux entreprises de moins de 50 salariés couvertes par un accord de branche qui embauchent un premier apprenti.

Ces différentes mesures pourront-elles enrayer la chute du nombre d’apprentis ? Tout le monde s’accorde à dire que les formations en alternance favorisent l’insertion professionnelle, et pourtant les effectifs d’apprentis affichent une baisse de 8 % en 2013. Pour quelles raisons ?

Une voie de formation qui souffre d’une mauvaise image

Malgré les nombreux discours en faveur de l’apprentissage, des freins culturels persistent, que ce soit au sein de l’Education nationale, mais aussi des familles.

Alors que l’apprentissage est une voie de formation ouverte du niveau BEP – CAP au niveau Bac + 5, elle reste souvent considérée comme une voie de garage pour jeunes en échec scolaire. Ainsi, au collège et au lycée, l’orientation vers des formations en apprentissage signifie trop souvent déclassement. Pourtant, ces formations ouvrent sur une grande diversité de débouchés et permettent à des jeunes de pratiquer très rapidement un métier. Le choix de l’apprentissage ne doit pas être un choix par défaut mais s’inscrire dans un projet de vie pour le jeune.

S’agissant des diplômes post-bac, la possibilité de les passer en apprentissage reste méconnue. Or la plupart des établissements supérieurs (universités et écoles) proposent des formations en alternance. Cette approche pédagogique qui mixe temps de formation théorique et temps de mise en pratique mériterait d’être valorisée. En effet, la voie académique ne correspond pas à tous les profils, certains jeunes abandonnent les études faute de motivation et de perspectives, l’apprentissage constitue une réponse.

Au-delà des freins culturels et du déficit d’image, des problématiques matérielles peuvent décourager certains jeunes. Par exemple, lorsque le lieu de formation et/ou l’entreprise sont éloignés du domicile de l’apprenti, certains rencontrent de réelles difficultés de déplacement et de logement. Ce sujet devrait être abordé lors de la réunion de septembre.

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Des entreprises qui ne répondent pas toujours présent

Pour les jeunes qui ont fait le choix de la formation en alternance, il n’est pas toujours évident de trouver une entreprise où effectuer son apprentissage. Différentes raisons peuvent expliquer cette frilosité du côté des employeurs :

  • l’impact de la crise économique et le ralentissement des embauches de manière générale,
  • la complexité administrative des démarches pour l’embauche d’un apprenti,
  • certaines contraintes de sécurité liées à l’âge de l’apprenti (pour les mineurs) qui ne sont pas toujours adaptées à l’exercice du métier,
  • le rythme de la formation qui n’est pas toujours en adéquation avec le rythme de l’entreprise
  • la difficulté à dégager du temps pour accompagner et former le jeune et la question de la qualification des maîtres d’apprentissage,
  • les changements récurrents dans les dispositifs de financement et la réforme à venir de la taxe d’apprentissage,
  • la concurrence d’autres dispositifs tels que les emplois d’avenir qui peut générer un effet d’aubaine, l’entreprise privilégiant alors le dispositif le plus intéressant en termes de coût.

L’ancien Président de la République, Nicolas Sarkozy, avait en son temps fixé un objectif de 800 000 apprentis, jamais atteint. L’ambition est aujourd’hui portée à 500 000. Le développement de l’apprentissage ne se décrète pas, de nombreux facteurs entrent en ligne de compte. L’enjeu de la réunion qui se tiendra à la rentrée est bien de discerner les véritables freins et les effets levier.

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