Article Actualités publié le 7 juillet 2014

Table ronde sur l’emploi des jeunes

L’Institut de l’entreprise a réalisé une étude « 10 propositions pour réconcilier les jeunes avec le marché du travail » et organisé une table ronde le 2 juillet afin d’en partager les conclusions. Retour sur les principaux éléments du débat.

Alors que l’emploi des jeunes constitue l’un des sujets prioritaires de la Conférence sociale qui s’ouvre cet après-midi, certains axes ont fait consensus lors de cette table ronde.

En ouverture, le constat dressé par Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports, est sans appel. Depuis 1977, plus de 80 dispositifs dédiés aux jeunes au sein des politiques publiques de l’emploi ont été mis en œuvre. Malgré cela, les évaluations ne relèvent pas d’amélioration de la transition entre la sortie des études et l’emploi. Chaque année 120 000 jeunes sortent du système scolaire sans diplôme. Face à cette situation, la ministre a fixé 3 priorités qui seront débattues lors de la Conférence sociale : améliorer les services d’orientation, développer l’apprentissage et renforcer la relation entre l’école et le monde économique.

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Au-delà des chiffres, les différents participants ont rappelé que la question du chômage des jeunes regroupe des situations très diverses, ce qui suppose de la souplesse dans les réponses apportées. En effet, le fossé se creuse entre les jeunes diplômés et les autres s’agissant de l’insertion professionnelle. Face à l’inefficacité des politiques publiques mises en œuvre depuis plus de 30 ans, les intervenants  estiment qu’il faut sortir du tout étatique et favoriser une synergie entre les différents acteurs concernés : éducation, entreprises, service public de l’emploi. Les solutions innovantes et nouvelles se construisent sur le terrain, par la volonté de différents acteurs de coopérer et travailler ensemble.  

Sortir des dispositifs trop contraignants

Le nombre de dispositifs se multiplie sans toujours rencontrer le succès espéré, c’est le cas récemment des emplois francs et des contrats de génération. Il s’avère que ces différentes mesures sont souvent complexes à mettre en œuvre, les critères d’éligibilité étant de plus en plus précis et les démarches administratives lourdes. Comme le rappelait Jean-Marc Borello, Président du Groupe SOS, « nous avons une capacité à créer des cases, dans lesquelles il est difficile d’entrer et difficile d’en sortir ». Face à ce constat, il estime que le facteur de succès d’un dispositif est lié au fait que la solution proposée s’inscrive dans un projet défini par le bénéficiaire. Il ne s’agit pas de juger de l’utilité de tel ou tel dispositif de façon abstraite mais bien d’évaluer en quoi il répond à ce projet.

Thierry Marx, chef cuisinier qui a développé Cuisine, mode d’emploi(s) tire les mêmes conclusions. Pour lui, le succès de son dispositif repose sur deux points : facilité d’accès et de mise en œuvre et formation en adéquation avec le projet personnel défini par le bénéficiaire. Il propose ainsi une formation au métier de commis de cuisine ou de boulangerie en 12 semaines. Grâce à une pédagogie adaptée, cette formation permet d’acquérir les gestes professionnels mais également le savoir-être au travail. L’efficacité du dispositif suppose également que des employeurs acceptent d’embaucher des personnes qui ont suivi ce type de formation. C’est à dire que les entreprises fassent confiance à ces nouvelles formes d’acquisition des compétences.

Les différents participants ont pointé du doigt la tendance à la glorification du diplôme en France. Sur ce point, des changements de culture sont à opérer à tous les niveaux pour reconnaître les différents parcours d’acquisition de compétence, qui ne passent pas exclusivement par la voie académique. Un débat qui rejoint celui des nouveaux modes de recrutement.

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