Article Actualités publié le 15 octobre 2015

Echanges sur la co-création d’un social business

Créer des synergies entre les acteurs d’un territoire au service d’un projet d’intérêt général, tel était l’objet de la rencontre co-organisée par Evolem Citoyen et Ronalpia au Foyer Notre-Dame des Sans-Abri à Lyon, autour de l’exemple du social business BON et Bien.

Décloisonner et faire sortir chaque acteur de son cadre, tel est l’enjeu de cette rencontre qui a réuni des entreprises, des entrepreneurs sociaux et des acteurs de l’insertion. Le cas pratique de BON & Bien a permis à chacun de voir comment il pouvait envisager des partenariats avec d’autres acteurs du territoire afin de faire émerger des projets à finalité sociale et/ou environnementale et économiquement viables.

En introduction, Régis Bretonès et Alain Excoffon ont présenté le pôle insertion professionnelle du Foyer Notre-Dame des Sans-Abri. Cette association accueille, héberge, accompagne et insère des personnes en grande difficulté depuis 65 ans sur l’agglomération lyonnaise sur une vingtaine de sites. Le retour à l’emploi est au cœur de cet accompagnement, grâce à différents projets qui sont menés en partenariat avec des entreprises qui soutiennent financièrement et humainement le Foyer, mais également ouvrent leurs portes et recrutent.

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De l’expérimentation à la création d’une entreprise

Gaspard Lathoud, responsable de projets RSE à la Direction Europe de McCain, coordinateur de BON et Bien, a présenté les différentes étapes de la mise en oeuvre de ce social business. A l’origine, l’entreprise McCain, dans le cadre de sa stratégie RSE, réunit ses parties prenantes pour réfléchir aux solutions à mettre en œuvre pour lutter contre le gaspillage alimentaire dans la chaîne de valeur.

D’un premier groupe de travail vient l’idée du projet pilote avec le Gappi (groupement d’agriculteurs), le supermarché E.Leclerc de Templeuve, les Banques Alimentaires et un chantier d’insertion (le coin familial à Bapaume). C’est ainsi que naît le projet pilote « glanage » : un chantier d’insertion fait travailler dans ces champs 45 personnes sans emploi qui vont récolter 13 tonnes de pommes de terre en 15 jours. Ils gagnent ainsi un complément de revenu et participent à un projet en faveur du territoire : les pommes de terre sont transformées en flocons de purée vendus dans des magasins Leclerc. Les banques alimentaires se chargent de l’aspect logistique. Les trois supermarchés E. Leclerc de Templeuve, Lille-Fives et Wattrelos se chargent de la distribution des produits dans leurs magasins. Les consommateurs sont invités à acheter un produit local qui permet de lutter contre le gaspillage alimentaire et de soutenir l’emploi local.

A partir de cette première expérience de co-création, les partenaires décident de ne pas communiquer sur ce projet pilote et d’aller plus loin pour développer une activité sur l’année. Trois entreprises et deux associations mettent leurs synergies en commun pour co-créer BON et Bien. Avec l’aide d’Ashoka, des ateliers de travail ont permis de définir ce que ces différents acteurs pouvaient co-construire ensemble pour répondre à trois objectifs :

  • Soutenir l’emploi local,
  • Réduire le gaspillage alimentaire,
  • Co-créer pour construire un modèle économiquement rentable et autonome financièrement.

 C’est ainsi qu’est née l’entreprise BON et Bien, avec le soutien des 5 co-créateurs : Mc Cain, E. Leclerc Templeuve, Randstad, les Banques alimentaires et le GAPPI (groupement d’agriculteurs producteurs de pommes de terre).  Chacun intervenant en fonction de ses compétences et savoir-faire :

  • BON et bien, aiguillé par le Gappi et McCain qui facilitent la mise en contact, collecte et achète chez les agriculteurs les écarts de triage (les légumes qui ne sont pas utilisés car non conformes aux standards de consommation).
  • McCain achète à BON et bien une partie de ces écarts de triage pour les transformer en flocons et assure la coordination du projet.
  • BON et bien produit les soupes à partir de cette matière première.
  • E. Leclerc Templeuve, Lille-Fives et Wattrelos achètent les soupes et les revendent dans leurs magasins.
  • Les bénéfices sont réinjectés dans BON et Bien pour dupliquer l’impact sociétal.

En termes de création d’emploi, 2 personnes au chômage de longue durée ont été recrutées pour diriger l’entreprise et encadrer les personnes en formation. D’autres demandeurs d’emploi de longue durée sont employés en contrat de professionnalisation (3 actuellement et 3 supplémentaires d’ici décembre 2015). Ces personnes sont formées et accompagnées grâce au coaching des experts de Randstad. A l’issue de leur contrat, BON et Bien leur crée des opporuntités d’emploi durable.

Les Banques alimentaires sont également partenaires de ce projet. Elles agissent en tant que conseiller éthique, garant de la mission sociale du projet. 

Les facteurs de succès

De cette réflexion croisée entre entreprises, acteurs de l’insertion et associations est né un nouveau parcours vers l’emploi durable.

Un cas pratique qui peut inspirer d’autres acteurs sur d’autres territoires. Les facteurs clés de succès ont été :

  • Le lancement de la démarche dès le départ en co-création, avec une gouvernance claire, des équipes dédiées, des objectifs partagés en termes de calendrier et un chef de projet qui pilote et anime.
  • L’expérimentation (projet glanage) à petite échelle avant de lancer un projet de plus grande ampleur.  

Les échanges de savoir-faire entre les différentes parties prenantes : au total une quarantaine d’experts ont été mobilisés par les partenaires.

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