Article Actualités publié le 12 mars 2015

Internet et le marché du travail

Le 3 mars, le Conseil d’orientation pour l’emploi a rendu un rapport sur l’impact d’internet sur le fonctionnement du marché du travail. Ce rapport dresse un état des lieux utile alors que la recherche d’emploi et le recrutement via internet sont en plein développement.

Le marché de l’emploi et du recrutement sur internet regroupe de nombreux acteurs et supports, notamment les sites d’emploi :

  • Les jobboards, apparus dès la fin des années 90, se multiplient. Ces sites d’emploi peuvent être généralistes, ou spécialisés par filière, type de métier, profil de candidat, région…
  • Les agrégateurs d’offre d’emploi se contentent de regrouper des offres d’emploi publiées par d’autres sites, notamment les jobboards. Face à la multiplication des sites d’emploi, ils jouent la carte du guichet unique pour faciliter la recherche pour l’internaute.

En décembre 2014, Mediametrie a publié le classement des ces sites d’emploi en fonction du nombre de visiteurs uniques. Ainsi Pôle Emploi reste le numéro 1 avec 5,2 millions de visiteurs, suivi par Indeed (1,6 M) et le Bon coin (1,4 M).  Néanmoins, s’agissant du nombre d’offres publiées, Pôle Emploi n’est plus à la première place : 280 000 publiées en février 2015 contre 750 000 par l’agrégateur Jobijoba. Face au nombre croissant de sites d’emploi, il peut être difficile pour le demandeur d’emploi de s’y retrouver, d’où des articles et conseils de plus en plus nombreux comme ceux fournis par le site l’étudiant. fr.

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Les réseaux sociaux constituent une autre catégorie d’acteurs importante :

  • Les réseaux sociaux professionnels : les deux plus importants étant Linkedin (8M d’utilisateurs en juin 2014) et Viadeo (9M d’utilisateurs en juin 2014). Ce type de réseau se développe également par secteur d’activité, région ou classe d’âge. Par exemple, wizbii s’adresse aux étudiants et jeunes diplômés ou helpworker regroupe des informations sur l’emploi pour le Pays-Basque et les Landes.
  • Les réseaux sociaux non professionnels, notamment Twitter et Facebook, sont de plus en plus utilisés par les entreprises pour leur image de marque et par les particuliers pour se faire repérer ou récolter des informations sur les entreprises qui recrutent. Récemment Twitter s’est positionné sur l’emploi avec la journée dédiée au recrutement sous le hastag #VotreJob. Le cabinet de recrutement Altaïde qui a participé à cette journée, dresse un bilan assez intéressant

Les professionnels du recrutement se retrouvent également sur la toile. Les entreprises diffusent de plus en plus leurs offres sur leur site internet, les cabinets de recrutement sont présents ainsi que des plateformes qui mettent en relation des entreprises avec des prestataires indépendants. Par exemple : hopwork pour trouver des freelance, ou louerunsenior.com pour bénéficier de l’expertise d’un consultant senior.

Un impact limité sur le rapprochement entre offre et demande

Ce développement du numérique permet-il de fluidifier le marché du travail et de rapprocher offre et demande ?

Sur ce point le Conseil d’Orientation pour l’Emploi (COE) reste mitigé. En effet, l’essor d’internet a induit une transparence accrue du marché du travail, que ce soit du côté du recruteur comme du candidat. Il est dorénavant aisé pour chacun d’aller consulter des offres sur internet, se renseigner sur le poste et l’entreprise. L’arrivée récente du site glassdoor, sorte de tripadvisor du marché de l’emploi, illustre cette tendance à la transparence. Du côté recruteur, internet représente une manne d’information, que ce soit pour repérer des talents ou se renseigner sur le candidat.

Néanmoins, le COE souligne qu’à ce stade internet n’a pas rendu le marché du travail totalement transparent  :

  • la transparence sur les salaires reste imparfaite, elle concerne moins de la moitié des offres ;
  • certains secteurs du marché du travail demeurent à l’écart, en particulier les petites entreprises (et ceci malgré des  initiatives comme  les PME recrutent ou smallizbeautiful ;
  • internet n’a pas rendu accessible tout le marché caché ;
  • les jeunes actifs et les cadres sont surreprésentés sur les réseaux professionnels ;
  • l’information qui circule sur internet n’est pas toujours fiable.

Le COE ne constate pas à ce jour de « tendance à la réduction des emplois vacants : leur niveau reste très élevé en dépit d’un fort taux de chômage ». Il pointe par ailleurs le risque en termes de fracture numérique : la place de plus en plus importante prise par internet dans le domaine du recrutement suppose que les candidats soient en capacité de maîtriser l’outil informatique et l’outil internet.

Tirer plus profit de la manne d’information

Afin de tirer profit de la quantité d’informations disponibles sur internet, le COE préconise une plus grande coopération entre les acteurs privés et les administrations en charge des statistiques publiques et des politiques de l’emploi, de l’orientation et de la formation. En effet, ces données constituent une source d’information sur l’état du marché du travail, les besoins des recruteurs, les profils des candidats, les zones de tension…

Début février,  les responsables des Argonautes, Alain Assouline et Nicolas Chagny, avaient publié une tribune dans l’Express qui allait dans le même sens. Ils appellent à une réelle ouverture des données concernant les offres d’emploi, les bases compétences, les référentiels métiers, les catalogues de formation, afin de fluidifier le marché de l’emploi et de favoriser le rapprochement entre offre et demande.

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