Article Actualités publié le 4 février 2015

Le microcrédit pour créer son entreprise

Le microcrédit est à l’honneur cette semaine, avec la 11e semaine du microcrédit organisée par l’Adie pour faire connaître ce dispositif auprès du plus grand nombre.

Le microcrédit est un petit prêt accordé à des personnes qui n’ont pas accès au prêt bancaire classique. Dès la fin des années 70, Muhammad Yunus a imaginé ce système de prêt aux populations pauvres du Bangladesh pour leur permettre de lancer une petite activité. Depuis le microcrédit s’est développé dans le monde entier, dans les pays en développement mais aussi dans les pays développés comme la France, pour aider les personnes exclues du système bancaire.

En France, l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique) est l’un des principaux acteurs du microcrédit professionnel. L’Adie finance principalement des demandeurs d’emploi et des bénéficiaires de minimas sociaux, qui ne peuvent bénéficier de prêts bancaires pour lancer leur activité ou reprendre une entreprise existante. Les prêts peuvent aller jusqu’à 10 000 € et être remboursés sur 2 ans. L’Adie étudie la demande en s’assurant de la motivation du porteur de projet et de sa capacité de remboursement, ainsi que du potentiel réel du projet.

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Le microcrédit n’est pas connu de toutes les personnes susceptibles d’en bénéficier, c’est pourquoi l’Adie organise chaque année, depuis 2005, cette semaine du microcrédit. Les différents évènements qui se déroulent durant 5 jours ont vocation à faire connaître le microcrédit et à sensibiliser des bénéficiaires potentiels. Cette année, l’Adie a lancé en parallèle un défi pour l’emploi. En effet, le microcrédit est une solution pour l’emploi comme tant d’autres initiatives ou dispositifs, comme l’illustre régulièrement Evolem Citoyen dans ses articles. Avec ce défi pour l’emploi, l’Adie entend sensibiliser au rôle que chacun peut jouer pour lutter contre le chômage.

Dans le contexte de crise économique traversé par notre pays, de nombreuses personnes se tournent vers l’entrepreneuriat afin de créer leur propre emploi. L’Adie permet à un public fragile de se donner cette chance. Ainsi, selon l’enquête menée en 2013 par le CSA auprès de 1 304 micro-entrepreneurs financés par l’Adie, 84 % d’entre eux sont insérés dans le monde du travail (soit par la poursuite de leur activité, soit comme salarié ou créateur d’une nouvelle entreprise).

L’intérêt du microcrédit professionnel est double :

  • Le bénéficiaire n’est pas subventionné, il rembourse son prêt mais selon des montants et une cadence adaptés à sa situation.
  • Le porteur de projet est accompagné pour le montage et la mise en œuvre de son projet. Au-delà de l’aspect financier, il bénéficie de formation et de conseils sur les aspects comptables, juridiques, fiscaux, administratifs.

 De nombreux dispositifs de financement et d’accompagnement

Depuis le début des années 2000, le microcrédit professionnel est en plein développement en France. Il s’inscrit dans un paysage dense de dispositifs et acteurs visant à accompagner et financer les créateurs ou repreneurs d’activité.

Les 5 principaux réseaux associatifs d’accompagnement présents sur l’ensemble du territoire sont : l’Adie, Initiative France, France active, BGE et le réseau entreprendre. Chaque structure présente ses spécificités, notamment s’agissant du type d’entreprises accompagnées.

L’impact de l’action de ces différents réseaux a été mesuré dans le cadre d’une enquête réalisée en octobre 2013 par le Bureau International du Travail auprès de 4 204 entrepreneurs accompagnés. L’objectif de cette enquête est d’avoir une vision globale de l’intérêt des dispositifs de microcrédit et d’accompagnement à la création comme moyen d’insertion professionnelle. A noter que le réseau entreprendre accompagne essentiellement des entreprises en croissance avec un potentiel de développement et de création d’emplois.

77 % des entrepreneurs interrogés sont encore en activité 3 ans après avoir bénéficié d’un accompagnement. Parmi ceux qui ont stoppé leur activité, 14 % ont retrouvé un emploi, 9 % se retrouvent sans emploi.

Malgré les difficultés rencontrées pour évaluer précisément ces différents dispositifs d’accompagnement, il est avéré que l’impact global est positif en termes de retour à l’emploi.  Néanmoins, la majorité des entreprises accompagnées ne créent pas d’autre emploi que celui du porteur de projet : 3 ans après leur création, 63 % n’ont pas embauché.

Dans la même veine que le microcrédit, d’autres dispositifs existent :

  • Le microcrédit personnel pour financer des achats permettant le retour à l’emploi (achat d’une voiture, financement d’une formation par exemple) 
  • Le prêt d’honneur  : il permet à des entrepreneurs qui n’ont pas d’apport personnel  d’obtenir un prêt bancaire complémentaire.
  • La micro-assurance pour couvrir les risques liés à l’exercice de l’activité professionnelle.

Le paysage de l’accompagnement et du financement de l’entrepreneuriat en France est très complexe. De nombreux dispositifs et acteurs (publics, associatifs, privés, réseau consulaire) existent, répondant aux différentes phases (idée/anté-création/création/développement) et aux différents profils (critères d’âge, de sexe, de lieu d’habitation, de niveau de diplôme, potentiel de développement de l’activité, secteur d’activité, caractère innovant ou non…). Ainsi, il est souvent difficile pour les bénéficiaires potentiels de s’y retrouver et de frapper à la bonne porte, c’est pourquoi une initiative telle que la semaine du microcrédit est importante.

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