Article Actualités publié le 16 mai 2014

400 000 postes non pourvus chaque année ?

Le débat sur l’exactitude de ce chiffre est sans fin. Néanmoins, les difficultés de recrutement rencontrées par de nombreuses entreprises sur des métiers dits « en tension » sont réelles.

Le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) évoque ce nombre de 400 000 postes non pourvus dans  son rapport sur « Les emplois durablement vacants et les difficultés de recrutement » publié en septembre 2013. Le fait que le taux des postes durablement non pourvus reste élevé en période de hausse du chômage illustre des difficultés structurelles sur le marché du travail. La situation s’avère particulièrement difficile dans l’industrie mécanique, les métiers de l’électricité et de l’électronique, de l’informatique, de la maintenance, de conducteur, les fonctions commerciales mais aussi dans le secteur de l’hôtellerie-restauration, de l’aide à domicile, de la santé. Cette liste de métiers dits « en tension » se retrouve dans la dernière enquête sur les besoins en main d’œuvre de Pôle Emploi publiée en avril.

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Ces difficultés de recrutement reposent sur 3 types de facteurs :

–          l’inadéquation des compétences du candidat avec les besoins de l’entreprise,

–          la mauvaise image du métier (pénibilité, salaire, horaires…),

–          la difficulté pour les demandeurs de capter l’information et pour les recruteurs de faire connaître leurs besoins.

Le problème de l’inadéquation des compétences demeure le plus cité par les recruteurs (plus d’1/4 des recruteurs selon une étude menée par le cabinet McKinsey en février 2014), notamment pour les métiers nécessitant des compétences spécifiques et techniques, pour les nouveaux métiers et ceux qui évoluent rapidement du fait de l’arrivée de nouvelles technologies. La perception de cette inadéquation peut également s’expliquer par une approche du recrutement à l’identique : l’entreprise cherche un diplôme précis, un parcours spécifique et ne s’attache pas aux compétences transversales et transposables.

Informer et communiquer sur les débouchés professionnels

Le COE dans son rapport regrette un dialogue insuffisant entre l’Education nationale et les branches professionnelles sur la construction de l’offre de formation. McKinsey dans son étude sur « De l’enseignement à l’emploi : engager les jeunes européens dans un parcours plus efficace vers l’emploi » pointe le manque d’information dont bénéficie les jeunes au moment de leurs choix d’orientation. Seuls 16 % des jeunes français interrogés estiment avoir été suffisamment informés à la fin du lycée sur les débouchés professionnels des filières d’enseignement.

Face à ce constat, de nombreuses initiatives se développent pour faire connaître les métiers en tension, pour informer sur la diversité des métiers et les besoins du marché du travail, pour éveiller la curiosité des jeunes sur le monde de l’entreprise. Citons par exemple le Canal des Métiers qui met à disposition des enseignants et des structures d’accompagnement vers l’emploi près de 3 000 vidéos présentant des métiers d’avenir. Dans la même veine, le Medef et Pôle Emploi ont lancé cette semaine une grande campagne de communication sur les métiers en tension avec la diffusion de spots télévisés sur France Télévisions de mai à décembre 2014. Geneviève Fioraso, secrétaire d’Etat en charge de l’Enseignement supérieur, a annoncé début mai lors de la présentation des résultats du site Admission post-bac, qu’à compter de 2015 ce site présenterait pour chaque formation les débouchés possibles et les taux d’insertion professionnelle.

Les réponses sont également à apporter par territoire, par bassin d’emploi, par un travail conjoint entre les acteurs de la formation, les entreprises en recherche de main d’œuvre, les professionnels de l’accompagnement et du placement des chômeurs, les collectivités locales.

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