Article Actualités publié le 22 mai 2015

A la reconquête de l’emploi…

Tel était le thème des 3emes rencontres parlementaires sur le travail et l’emploi qui se sont tenues le 20 mai. Vaste programme… Les échanges étaient organisés autour de trois tables rondes : faut-il bouleverser notre marché du travail ? Face au chômage, l’enjeu de la formation. Comment aider les entreprises à créer de l’emploi ?

Les réponses à ces différentes questions sont apparues assez claires et consensuelles. Notre marché du travail est déjà bouleversé : le modèle du salarié qui effectue toute sa carrière dans la même entreprise et exerce le même métier est dépassé. Aujourd’hui les formes d’emploi sont multiples : auto-entrepreneur, portage salarial, indépendant, free, temps partagé… Les parcours professionnels apparaissent de moins en moins linéaires, que ce soit en conséquence de difficultés économiques ou par choix.

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Les intervenants estiment que l’enjeu repose sur notre capacité à repenser nos modèles au regard de ces évolutions : contrat de travail, protection et accompagnement des actifs au-delà du statut salarié, adaptation des parcours professionnels aux mutations économiques… Cette remise en question concerne tous les acteurs : les partenaires sociaux, les responsables des ressources humaines, les acteurs de la formation, le pouvoir législatif et réglementaire. Mais surtout, comme nous a invité Cyril Cosme, directeur du bureau de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) en France : « il faut se garder de concevoir le travail et l’emploi uniquement sur le mode de l’adaptation, mais les concevoir également comme des facteurs clefs de la compétitivité de demain ».

Un constat d’échec des politiques de formation

Les différents intervenants ont tous évoqué l’échec de notre système actuel de formation, initiale et continue. Cet échec  s’illustre notamment par le nombre important de décrocheurs scolaires, la difficulté des jeunes à s’insérer dans le monde du travail et des chômeurs à accéder à l’offre de formation.

Bien entendu, il est trop tôt pour tirer un bilan de la dernière réforme de la formation professionnelle avec la mise en œuvre du Compte Personnel de Formation et du conseil en évolution professionnel. Néanmoins, les différentes questions posées par la salle illustraient bien le sentiment  que cette réforme ne renversera pas la tendance, et que les principaux bénéficiaires de la formation professionnelle resteront les salariés en poste dans de grandes entreprises.

Laurent Batsch, Président de l’Université Paris Dauphine et Jean-Philippe Ammeux, Président de la FESIC (Fédération d’écoles supérieures d’ingénieurs et de cadres) ont rappelé la responsabilité de l’enseignement supérieur dans la préparation des étudiants au monde du travail, et le rôle que jouait notamment l’apprentissage. Dans les différentes écoles et universités, des outils et initiatives sont développés pour faciliter cette insertion professionnelle : valorisation des stages, partenariats avec des clubs d’entreprise, activation des réseaux d’anciens élèves, accompagnement à la construction du projet professionnel…

Un appel à la simplification et à la stabilité des normes

La dernière table ronde s’intitulait  « comment aider les entreprises à créer de l’emploi ? ». La réponse a été unanime : en allégeant et simplifiant les procédures et en veillant à une stabilité des dispositifs fiscaux et obligations réglementaires. Mais comment procéder ? Selon le député Charles de Courson, cela suppose un changement de culture radicale, car cela signifierait que le législateur accepte que tout ne soit pas décidé par la loi. Il appelle à laisser plus de marge à l’expérimentation. Les interventions des 4 autres députés participant à cette matinée (Olivier Carré, Jean-Charles Taugourdeau, Sophie Errante et Laurent Grandguillaume) allaient toutes dans le même sens, au-delà des clivages politiques : nécessité d’alléger les procédures, de simplifier et d’alléger le poids des normes.

Les différents échanges donnaient le sentiment que la machine législative et réglementaire continue à avancer sans être réellement en capacité de s’adapter à ces différentes mutations et de proposer des politiques publiques en adéquation avec la nouvelle réalité du monde du travail et de notre économie.

Une note d’optimisme a été donnée à ces échanges par Dominique Restino, Président de l’Agence pour la création d’entreprises et fondateur du Moovjee, qui a rappelé que 34 % des jeunes de moins de 30 ans souhaiteraient créer ou reprendre une entreprise. D’où l’importance de faire confiance aux acteurs de terrain et de leur laisser plus de liberté pour agir, créer des entreprises, développer des projets…

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