Article Actualités publié le 3 septembre 2014

L’enjeu de la formation des chômeurs

Pôle Emploi a publié fin août une enquête sur l’impact de la formation des demandeurs d’emploi en 2013. Ce sujet est central dans la lutte contre le chômage afin de favoriser le retour à l’emploi des chômeurs.

Cette enquête a été reprise par de nombreux supports de presse qui ont principalement mis en avant un chiffre : 50,8 % des chômeurs qui ont achevé une formation en mars 2013 étaient en emploi 6 mois après. Regardons de plus près les résultats de cette étude.

Le premier enseignement semble aller de soi : la formation des chômeurs a un impact positif sur leur réinsertion professionnelle. Le taux de retour à l’emploi augmente par rapport à 2012. Néanmoins, le taux de reclassement en emploi durable reste moindre, même s’il s’améliore. 6 mois après la fin de leur formation, 37,3 % des demandeurs d’emploi sont en CDI, en CDD ou contrat intérim de plus de 6 mois ou en création d’entreprise.

Un résultat très variable en fonction du type de formation suivie

Dans le cadre d’une formation préalable à l’embauche,  8 bénéficiaires sur 10 sont toujours en emploi 6 mois après la fin de leur formation. Ces formations répondent à un besoin de recrutement précis, d’où leur efficacité. Que ce soit la POE (préparation opérationnelle à l’embauche) ou l’AFPR (l’action de formation préalable au recrutement), elles permettent au candidat d’être formé pour la prise de poste.  Le taux de reclassement chute en revanche à 47 % pour les autres formations financées par Pôle Emploi : l’AIF (Action individuelle de formation) et l’AFC (action de formation conventionnée). 48,5 % des bénéficiaires d’une AIF sont en emploi 6 mois après la fin de leur formation, et seulement 36,7 % dans le cas d’une AFC. L’AIF s’inscrit dans le projet professionnel de la personne qui doit être validé par le conseiller Pôle Emploi. L’AFC permet au chômeur de compléter ses compétences en adéquation avec les besoins du marché du travail.

Formation-des-chomeurs_actualites_03092014

Un profil de bénéficiaires variable d’une année sur l’autre

L’évolution du profil des bénéficiaires est à prendre en compte dans l’analyse comparative des résultats entre 2012 et 2013. Ainsi, la part des jeunes de moins de 25 ans concernés par des dispositifs baisse de 8,8 points pour s’établir à 15,5 %. Par contre celle des plus de 50 ans augmente, passant de 10,8 % à 16,2 %. Les 30 – 49 ans restent les principaux bénéficiaires de ces actions de formation. Du côté du niveau de diplôme, la part des personnes ayant le niveau d’études le plus faible (niveau collège maximum) est divisée par deux. Les Bac + 2 et Bac + 3 restent stables et les Bac + 4 et plus augmentent de 2 points pour atteindre 8,8 %. Le nombre de bénéficiaires ayant eu peu ou pas d’expérience professionnelle avant leur inscription à Pôle Emploi baisse également, ils représentent 11,7 % du total.

Quelles conclusions en tirer ?

Cette enquête uniquement quantitative ne permet pas une réelle évaluation des dispositifs de formation. Quelles raisons expliquent le peu de réussite des dispositifs AIF et AFC ? Quel est le coût de chaque dispositif ? Dans le rapport d’activité 2013 de Pôle Emploi, les indications chiffrées restent globales : 179 448 personnes ont bénéficié de dispositifs de formation financés par Pôle Emploi pour un budget de 428 M€.

Par ailleurs, cette enquête ne couvre pas l’ensemble des dispositifs de formation des chômeurs, notamment ceux financés par les conseils régionaux. Le plan de formation prioritaire (30 000 places) mis en place fin 2013 et renforcé en 2014 (100 000 places) n’entre pas dans le cadre de cette étude.

Alors que la formation des chômeurs est actuellement au cœur de la réforme de la formation professionnelle et des actions mises en avant par le Gouvernement dans sa lutte contre le chômage, il semblerait utile de pouvoir disposer d’informations approfondies sur les différents dispositifs existants, leur efficacité et leur coût.

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