Article Actualités publié le 8 septembre 2016

Mise en oeuvre du plan 500 000 formations

En début d’année, le Président de la République a annoncé le déploiement de 500 000 actes de formations supplémentaires à destination des demandeurs d’emploi afin de faciliter leur retour sur le marché du travail. Le point sur la mise en œuvre de ce plan 500 000 formations 8 mois après son lancement.

Ce plan vient en complément des 150 000 formations déjà budgétées pour l’année 2016. Les demandeurs d’emploi peu qualifiés ou en situation de chômage de longue durée constituent la cible prioritaire de cette action. Les formations doivent concerner des métiers en tension ou d’avenir (c’est-à-dire des métiers qui rencontrent des difficultés à recruter ou qui présentent un potentiel de recrutement sur le long terme) et durer en moyenne 2,4 mois.

L’Etat a débloqué environ 1 Md € pour financer ces 500 000 actes de formation supplémentaires. La mise en œuvre de ce plan sur les territoires incombe aux Régions sur la base de leur volontariat. Ainsi 17 Régions ont accepté de piloter ce déploiement, seule la Région Auvergne-Rhône-Alpes ne s’est pas engagée. Ainsi sur ce territoire, Pôle Emploi est en charge de la mise en œuvre.

Ce plan s’ajoute à d’autres mesures en faveur de la formation des chômeurs comme le décret du 12 février 2016. Ce décret, pris en application de la loi du 5/03/2014 sur la formation professionnelle, autorise les demandeurs d’emploi à suivre une formation professionnelle dans une autre région que la leur.

Fin juin, le ministère du Travail et de l’Emploi a dressé un premier bilan sur les entrées en formation des demandeurs d’emploi : 30 000 entrées en formation de plus sur la période de janvier à avril 2016 par rapport à la même période en 2015. Néanmoins, la montée en puissance du dispositif devrait avoir lieu au dernier trimestre, habituellement plus chargé en nombre d’entrées en formation. La situation de la catégorie D de Pôle Emploi constitue également un indicateur. Cette catégorie regroupe les demandeurs d’emploi non tenus d’effectuer des recherches d’emploi car ils sont en formation, en stage, en congé maladie ou congé maternité. Fin juillet 2016, 308 900 personnes étaient comptabilisées dans cette catégorie, soit 5000 de plus que fin juin et 29 900 de plus que fin juillet 2015. Sur un an, c’est la catégorie qui connaît la plus forte augmentation : + 10,7 %, contre + 1,6 % pour l’ensemble des personnes inscrites à Pôle Emploi. Pôle Emploi suit également les flux entre les différentes catégories. Ainsi  entre mai et juillet 2016, le nombre moyen de sorties des catégories A, B et C vers la catégorie D était de 88 000 personnes, un chiffre en augmentation de 66,4 % sur trois mois et de 95,6 % sur un an. 

Quels résultats en attendre ?

L’objectif de ce plan est de faciliter le retour à l’emploi de personnes éloignées de l’emploi du fait notamment de leur manque de qualification.

Il fait suite aux planx 30 000 formations de 2013 et 100 000 formations de 2014. Du point de vue du remplissage, les objectifs ont été atteints par ces deux plans, avec 36 745 entrées effectives en formation en 2013 et 101 152 en 2014 (Cf réponse du Ministère du Travail à la question écrite du Sénateur Jean-Claude Lenoir)

En octobre 2015, Pôle Emploi a publié une étude sur la mise en œuvre du plan 100 000 formations. Cette étude a été réalisée grâce à la participation volontaire de 15 320 personnes qui ont répondu à l’enquête. Ces formations sont généralement plus courtes. Elles concernaient principalement les domaines « Echange et gestion », « Services aux personnes » et « Production ». 41 % des bénéficiaires avaient le niveau CAP/BEP. Les dispositifs de formation préalable à l’embauche (POE et AFPR) sont plus utilisés dans le cadre de ce plan que dans les formations classiques, avec forcément un impact sur le taux de retour à l’emploi. 56,9 %  des personnes ayant suivi une formation prioritaire étaient en emploi 6 mois après la fin de leur formation, dont près de 3 sur 4 en emploi durable (CDI, CDD ou interim de plus de 6 mois).

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Quid de l’utilisation dans ce travail de suivi de l’indicateur interne à Pôle Emploi qui mesure le nombre de retours à l’emploi ? Par ailleurs, nous avons peu d’information sur les raisons des échecs de retour à l’emploi : s’agit-il d’un défaut de suivi de formation ? de difficultés périphériques (mobilité, logement, garde d’enfants) ? d’une mauvaise adéquation de la formation suivie avec le projet de la personne ?

Il serait intéressant, dans le cadre de la mise en œuvre du plan 500 000 formations prioritaires, d’avoir une évaluation plus large du dispositif.

La nécessité de mettre en œuvre des plans de formation prioritaire illustre l’incapacité de notre système de formation professionnelle, malgré la réforme de 2014,  de s’adresser aux demandeurs d’emploi. En effet, la majorité des fonds de la formation professionnelle reste dirigée vers des personnes en emploi, d’où la nécessité de développer de nouveaux dispositifs d’accès à la formation.

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