Article repères mis à jour le 27 avril 2017 | Publié le 25 avril 2014

La lecture des chiffres du chômage

En France, nous disposons de deux sources différentes qui n’illustrent pas tout à fait la même réalité.

Chaque trimestre :
l’Insee publie le taux de chômage selon la norme du Bureau International du Travail. Est considérée comme chômeur toute personne de plus de 15 ans sans emploi, qui n’a pas du tout travaillé la semaine précédant l’enquête, disponible rapidement (sous 15 jours) et à la recherche d’un travail. Ainsi un actif qui a travaillé ne serait ce qu’une heure n’est pas considéré comme chômeur dans le cadre de cette enquête.

L’Insee mesure également le « halo autour du chômage » et le sous-emploi. Ces deux notions permettent d’avoir une vision plus complète de la réalité de notre marché du travail. Le halo concerne les personnes qui souhaitent travailler mais soit ne recherchent pas activement un emploi, soit ne sont pas disponibles dans l’immédiat. La notion de sous-emploi mesure les situations d’activité réduite non souhaitées (temps partiel subi, chômage partiel).

Chaque mois :
la DARES (Ministère du travail et de l’emploi) publie les chiffres des  DEFM, les demandeurs d’emploi en fin de mois. Ces chiffres sont basés sur les inscrits à Pôle Emploi et distinguent 5 catégories de chômeurs : 

  • Catégorie A : personnes sans aucune activité.
  • Catégorie B et C : demandeurs d’emploi ayant exercé une activité réduite dans le mois (78h au maximum pour la catégorie B, entre 78h et 156h pour la catégorie C). Il est alors question de temps partiel imposé ou de temps partiel subi.
  • Catégorie D : personnes sans emploi mais non immédiatement disponibles et donc non tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi (en formation, en stage, en maladie, en CSP…).
  • Catégorie E : personnes non tenues de faire des démarches positives de recherche d’emploi (créateur d’entreprise, bénéficiaire d’un contrat aidé).

Les médias se concentrent souvent sur les catégories A, B, C. Or la catégorie D est également à prendre en compte, il s’agit bien de personnes sans emploi.

Quelle source considérer ? Laquelle renseigne le mieux la situation du chômage en France ? Les deux et aucune… ! 

En effet, chaque système comporte ses atouts et ses lacunes. Les chiffres de l’Insee permettent des comparaisons internationales et établissent un taux de chômage (nombre de chômeurs par rapport à la population active) qui constitue un bon indicateur de référence pour suivre les évolutions du marché du travail.  Les chiffres de la DARES se basent exclusivement sur les personnes inscrites à Pôle Emploi, avec une vision plus large du chômage que l’Insee. Par contre, ils excluent de fait les personnes radiées et celles qui ne font pas la démarche de s’inscrire à Pôle Emploi.  Certains demandeurs d’emploi ne sont pas chômeurs au sens du BIT et inversement certains chômeurs pris en compte par le BIT ne sont pas inscrits à Pôle Emploi.

Les dernières données disponibles :

  • Chiffres Insee (publication du 16 février 2017) : taux de chômage de 9,7 % au 4e trimestre 2016 (10 % avec les territoires d’outre-mer), soit 2,8 M de personnes. Le « halo autour du chômage » compte 1,5 M de personnes. 6,2 % des personnes en emploi sont en situation de sous-emploi.
  • Chiffres DARES (publication du 26 avril 2017) : Fin mars 2017 : 3,50 M de demandeurs d’emploi catégorie A, 1,99 M dans les catégories B et C soit un total de 5 503 800 demandeurs d’emploi tenus d’effectuer des actes positifs de recherche d’emploi. En prenant en compte les catégories D et E, le total en France métropolitaine s’élève à 6 233 500 demandeurs d’emploi, un chiffre en hausse de 1,3 % par rapport à mars2016.

Ces repères chiffrés délivrent une tendance de la réalité du chômage dans notre pays et permettent de suivre son évolution. Les données transmises par ces deux organismes reflètent en général les mêmes tendances. Les chiffres de l’Insee se rapprochent des chiffres de la catégorie A de la DARES. Ces données statistiques sont indispensables mais il convient de les manier avec précaution et surtout de ne pas se laisser enfermer dans les chiffres au détriment de la réalité humaine qui se trouve derrière ces chiffres. 

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